15.12.2008

Attentat à la godasse

Bush espérait faire un dernier tour de piste à Bagdad pour y proclamer une sorte de victoire, aussi amère que fragile, à l’intention des historiens. Au lieu de cela, il a eu droit à un attentat symbolique : deux pompes lancées à la figure par un des journalistes irakiens qui assistaient à sa conférence de presse avec le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki.“Tiens, voilà ton cadeau d’adieu, espèce de chien !”, a hurlé l’homme qui venait de le viser et de le rater de peu. “De la part des veuves, des orphelins et de tous ceux qui sont morts en Irak !”, a eu le temps de crier l’homme, avant d’être maitrisé par la sécurité, tabassé et expulsé de la salle de presse du palais gouvernemental.

L’incident aurait été comique si la guerre en Irak n’avait été aussi tragique et sanglante. L’auteur de cet “attentat à la godasse”, correspondant connu d’une chaîne de télévision locale, a perdu une partie de sa famille pendant la guerre et a lui-même été pris en otage par le passé. Selon le correspondant de la chaîne américaine ABC à Bagdad, Richard Engel, “il a pété les plombs”. Il a aussi probablement fait ce que beaucoup d’Irakiens, d’Arabes et d’autres ont rêvé de faire sans en avoir l’occasion. Bush ne s’est pas démonté et a pris le parti de rire, annonçant que les projectiles utilisés étaient “de pointure 10″ (taille 43).



Val

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